Amnésie infantile

Infantile amnesia

Incapacité à récupérer des souvenirs autobiographiques datant des toutes premières années de la vie. Certains chercheurs distinguent une amnésie infantile absolue, jusqu’à 2 ans, sans presque aucun souvenir, et une amnésie relative (dite aussi amnésie de l’enfance), jusque vers 5-6 ans, caractérisée par des souvenirs épars et incomplets.


En savoir plus :

Plusieurs hypothèses ont été proposées pour rendre compte de l’amnésie infantile, hypothèses qui ne s’excluent pas mutuellement :

1) Les hypothèses développementales : la mémoire autobiographique se développe tardivement et n’est donc pas totalement fonctionnelle dès les premiers âges de la vie. Par ailleurs, certaines zones du cerveau qui pourraient soutenir la mémoire autobiographique, comme le cortex préfrontal, ont une maturation tardive.

2) L’hypothèse du langage : l’absence de langage chez les tous jeunes enfants pourrait expliquer l’amnésie infantile puisqu’il serait impossible pour le sujet de rappeler verbalement des évènement de cette période de la vie.

3) L’hypothèse du traitement approprié au transfert : cette idée postule que les structures et les processus cognitifs du très jeune enfant et ceux de l’adulte sont tellement différents qu’il est impossible de retrouver des souvenirs autobiographiques précoces.

4) Le Soi cognitif : le développement du Soi cognitif, dont l’un des marqueurs est la reconnaissance de soi dans le miroir, entre 18 et 24 mois, est un prérequis au développement de la mémoire autobiographique, permettant d’organiser les évènements comme souvenirs personnels.

5) Les conversations parents-enfants : ces conversations permettent aux enfants de structurer leurs récits du passé et d’apprendre que des éléments verbaux peuvent servir d’indices pour accéder aux souvenirs.

6) Hypothèse de la neurogénèse : h
ypothèse formulée par Josselyn et Frankland (2012). L'hippocampe des nourrissons (humains, primates non humains et rongeurs) connait une forte neurogénèse qui provoquerait un remplacement des connexions synaptiques existantes dans les circuits de mémoire. Par conséquent, cette neurogénèse élevée s'accompagne d'une incapacité à former des souvenirs stables à long terme. Quand le niveau de neurogénèse décroit, la formation de souvenirs à long terme devient possible.

À lire :

Hayne, H., & Jack, F. (2011). Childhood amnesia. Wiley Interdisciplinary Reviews: Cognitive Science, 2(2), 136–145. doi:10.1002/wcs.107

Josselyn, S. A., & Frankland, P. W. (2012). Infantile amnesia: A neurogenic hypothesis. Learning & Memory, 19(9), 423‑433. http://doi.org/10.1101/lm.021311.110

Perret, P. (2011). L’amnésie infantile: les perspectives tirées de la psychologie développementale. Devenir, 23(4), 379–395.