Comparaison de traits (modèle)

Feature comparison model

Modèle de la mémoire sémantique (Smith et al., 1974) selon lequel un concept est représenté par une liste de traits sémantiques. Certains traits sont dits définitoires (defining features) et sont nécessaires et suffisants. D'autres traits sont dits caractéristiques (characteristic features), typiques d'un concept ou non essentiels. Le traitement des relations entre les concepts s'effectue par la comparaison de leurs traits.

En savoir plus :

Le modèle postule que la comparaison de traits s’effectue en deux étapes. Prenons l’exemple d’une tâche de vérification de phrases portant sur l’appartenance catégorielle : est-ce que le canari est un oiseau ?

1. La première étape repose sur la comparaison de tous les traits des deux concepts (canari et oiseau). Si le chevauchement des traits des deux concepts est élevé, la réponse sera OUI. Si le chevauchement des traits des deux concepts est faible, la réponse sera NON. Si le chevauchement est moyen, une deuxième étape est nécessaire.

2. La deuxième étape repose sur la comparaison des traits définitoires. Si les traits définitoires des deux concepts s’apparient, la réponse sera OUI. Dans le cas contraire, la réponse sera NON.

Le modèle permet de rendre compte des effets de typicalité (les concepts typiques d’une catégorie nécessitent la première étape, les concepts non typiques requièrent les deux étapes).

Cependant, plusieurs difficultés de ce modèle ont été soulevées par différents auteurs.  Ainsi, la comparaison des traits sémantiques dans les phrases « Est-ce que le canari est un oiseau ? » et  « Est-ce qu’un oiseau est un canari ? » devrait, selon le modèle, conduire à répondre OUI aux deux questions alors que la deuxième est fausse. Le modèle ne permet pas de rendre compte de l’effet de la dimension de la catégorie (les petites catégories possèdent plus de traits,  l’étape 2 serait alors requise, entraînant des temps de décision plus longs,  ce qui est incompatible avec cet effet). Par ailleurs, les notions de traits définitoires et de traits caractéristiques ont suscité des interrogations. Enfin, on peut s’interroger sur la façon dont des non-experts effectuent des tâches de vérification de phrases d’appartenance catégorielle : il est peu probable qu’ils puissent se baser sur les traits définitoires. 

À lire :

Smith, E. E., Shoben, E. J., & Rips, L. J. (1974). Structure and process in semantic memory: A featural model for semantic decisions. Psychological Review, 81(3), 214-241.



Voir aussi :

Effet de la dimension de la catégorie
Mémoire sémantique
Tâche de vérification de phrases
Typicalité