Empan

Span

Mesure de la capacité de stockage de la mémoire à court terme et de la mémoire de travail. Elle correspond au plus grand nombre d’items que le sujet est capable de rappeler immédiatement, généralement en respectant l’ordre de présentation.

En savoir plus :

C’est en 1887 que Jacobs met au point la technique d’empan. Le terme est utilisé par extension de son sens original qui désignait la plus grande largeur de la main. Depuis, différentes tâches d’empan ont été mises au point.


L’empan verbal

Les tâches d’empan verbal consistent à présenter des listes croissantes de chiffres ou de mots que le sujet doit rappeler dans l’ordre. L’empan est le nombre maximum d’éléments que le sujet peut rappeler immédiatement.

L’empan spatial

L’épreuve de Corsi (1972) est un exemple de tâche d’empan spatial. On présente au sujet 9 cubes que l’expérimentateur pointe selon des séries de plus en plus longues (de 2 à 8 positions). La tâche du sujet est de reproduire immédiatement le pointage dans le même ordre ou l’ordre inverse. Après deux échecs sur une série de même niveau, on arrête le test.

L’empan de mouvement

Suivant un principe général similaire, l’empan de mouvement est estimé en demandant au sujet de répéter des séquences de plus en plus longues de mouvements corporels exécutés par l’expérimentateur, l’empan de mouvement étant bien sûr la plus longue séquence que le sujet est capable de reproduire immédiatement.

Les tâches d’empan de la mémoire de travail

Alors que les tâches d’empan de la mémoire à court terme se contentent d’un simple rappel d’informations, les épreuves d’empan de mémoire de travail ajoutent des transformations sur les informations puisque la mémoire de travail n’est pas un simple système de stockage temporaire, mais un système de traitement et de manipulation de l’information.


Un exemple d’un tel type de tâche est celle élaborée par Daneman et Carpenter (1980), dite aussi tâche d’empan de lecture. On présente au sujet un nombre croissant de phrases et il reçoit pour consigne, par exemple, de juger si chaque phrase a un sens tout en retenant le dernier mot de chaque phrase. Lorsque la dernière phrase a été présentée, le sujet doit rappeler dans l’ordre les mots.

Un autre exemple est la tâche élaborée par Turner et Engle (1988). Le sujet est amené à vérifier le résultat de séries d’équations arithmétiques et de lire à voix haute un mot qui termine chaque équation. Après la présentation de séries de deux à sept équations, le sujet doit rappeler les mots.

Un dernier exemple est la tâche d’empan conceptuel développée parHaarmannn et al. (2003) pour évaluer la mémoire à court terme sémantique.


7 éléments ± 2 ?

Depuis l’article célèbre de Miller (1956), il est généralement admis que la capacité de la mémoire à court terme mesurée par l’empan mnésique est de 7 ± 2 éléments ou plutôt 7 ± 2 groupements d’informations (chunks). Cependant, l’examen de la littérature conduit à un bilan plus nuancé, certains auteurs défendant l’idée que la capacité de la mémoire à court terme est plus limitée.

Par ailleurs, la taille de l’empan est influencée par plusieurs variables :




Voir aussi :

Empan complexe
Empan conceptuel
Empan de chiffres inversé
Empan de comptage
Empan de lecture
Empan de reconnaissance
Mémoire de travail
Tâche de running span


À lire :

Baddeley, A. D., Thomson, N., & Buchanan, M. (1975). Word length and the structure of short-term memory. Journal of Verbal Learning and Verbal Behavior, 14(6), 575‑589. doi:10.1016/S0022-5371(75)80045-4

Conrad, R. (1964). Acoustic confusions in immediate memory. British Journal of Psychology, 55(1), 75–84

Cowan, N. (2000). The magical number 4 in short-term memory : A reconsideration of mental storage capacity. Behavioral and Brain Sciences, 24, 87-114.

Crannell, C. W., & Parrish, J. M. (1957). A comparison of immediate memory span for digits, letters, and words. The Journal of Psychology: Interdisciplinary and Applied, 44, 319‑327. doi:10.1080/00223980.1957.9713089

Conway, A. R., Kane, M. J., Bunting, M. F., Hambrick, D. Z., Wilhelm, O., & Engle, R. W. (2005). Working memory span tasks: A methodological review and user’s guide. Psychonomic bulletin & review, 12(5), 769–786.

Drewnowski, A., & Murdock, B. B. (1980). The role of auditory features in memory span for words. Journal of Experimental Psychology: Human Learning and Memory, 6(3), 319‑332.

Miller, G.A. (1956). The magical number seven, plus or minus two : Some limits on our capacity for processing information. Psychological review, 63, 81-87.